Histoire des rues de Gaillac : à la découverte du Faubourg de l’Hom
Alain Soriano va publier le 11 décembre le Guide historique des rues de Gaillac, cité et faubourgs. En avant-première chaque semaine, il nous livre un extrait de son guide. Aujourd’hui, cinquième étape avec le Faubourg de l’Hom.
Faubourg du Château de l’Hom
Extraits :
Origine du nom : Le nom du faubourg provient de la présence d’un orme, vraisemblablement situé devant le château aujourd’hui disparu. Le mot orme a pour origine le latin ulmus qui a donné oulm en occitan et orme en français. Deux délibérations attestent l’origine du faubourg :
Délibération du 10 novembre 1782 : « Le premier consul maire informe l’assemblée que le grand ormeau du château de l’Hom a été extrêmement endommagé par la foudre et l’orage du 25 juillet dernier… Il paraît indispensable de faire abattre les branches endommagées et de les couper jusqu’au sommet de la tige primitive pour tâcher de conserver par de nouvelles mises qui viendront. Cet arbre qui est très ancien et qui a donné le nom à cette partie des faubourgs de la ville..»…
Destruction du faubourg au XVIe siècle : Il a durement souffert des guerres de religion au XVIe s.quand les protestants s’emparent de la ville par surprise et que les catholiques se réfugient au château de l’Hom. Comme ils résistent, les assaillants mettent le feu au faubourg qui est ravagé pendant plusieurs jours. Mathieu Blouin en a laissé un récit poignant : Jour de la Nativité de septembre 1568. « et de fait, entre les deux à trois heures après minuit, le château de l’Hom fut assailli de toutes parts avec grands bruits de voix, de trompettes, de fifres et tambourins, et d’arquebusades, que les plus hardis et vaillants même en étaient tout épouvantés. Ceux de la religion, quelques défenses que sussent faire les catholiques, entrèrent dans le château de l’Hom de vive force. Quand ils furent rentrés, voyant la résistance que les dits catholiques faisaient encore, mirent le feu non seulement aux calquières du Cruchou mais aussi aux autres divers endroits du dit château de l’Hom, lequel s’alluma et embrasa, de telle sorte qu’il contraignit ceux de l’une et l’autre religions de quitter le lieu, qui brûla et consuma du tout dans moins de deux jours et deux nuits ».
Cet incendie a marqué l’inconscient collectif des Gaillacois. Aussi de nombreuses rues portent un nom en rapport avec cet événement sanglant : rue Toery, consul au moment des guerres de religion, rue du Feu, rue Bramefeu, rue du Tison. Il existait aussi une rue du capitaine Mons, gouverneur de la ville au moment de la Saint-Barthélémy, aujourd’hui disparue. (Voir annexe en fin d’ouvrage « Les guerres de religion à Gaillac »)
RUE DU TISON - RUE DU FEU - RUE BRAMEFEU (de l’occitan bramar qui signifie hurler, pleurer bruyamment)
Dénominations confirmées par délibération du 5 août 1866
Ce sont des références à l’incendie qui décime le faubourg pendant les guerres de religions en 1568. On a sans doute voulu évoquer les différents moments de l’incendie dévastateur : le tison qui sert à mettre le feu, le feu qui embrase les maisons, et les plaintes des habitants dont certains ne peuvent pas échapper aux flammes.
Le faubourg est reconstruit mais, dans certains vieux chais, on peut retrouver des poutres de réutilisation noircies qui portent témoignage de ces événements tragiques.
A signaler que la rue du Feu, très tortueuse et en pente, comporte des escaliers qui en facilitent l’accès. Elle permet de rejoindre la rue Grande Côte après s’être dédoublée.
Photo, illustration et texte : Alain Soriano
Souscription :

Aucun autre article à lire


















