Nature
VTT et gravel en forêt de Grésigne
3 530 hectares de chênes, des montées qui ne pardonnent pas et des singles à l'ombre : la forêt de Grésigne est le terrain de jeu à roues du Gaillacois, tout l'inverse du vignoble roulant. Site VTT labellisé, deux villages perchés en guise de portes d'entrée.
Le Gaillacois se pédale surtout à plat, entre les rangs de vigne. La forêt de Grésigne, elle, change de braquet : c’est un massif, avec du relief, de l’ombre et du silence. 3 530 hectares de chênes — la plus grande forêt du Tarn, et l’une des plus vastes chênaies d’Europe — posés entre la vallée de la Vère et celle de l’Aveyron. Pour qui roule, c’est le contre-pied parfait d’une sortie dans les coteaux : ici, on grimpe.
Un site VTT labellisé
La Grésigne n’est pas une forêt qu’on traverse au hasard à vélo : c’est un site VTT labellisé par la Fédération française de cyclisme, avec des circuits balisés au départ de la base de loisirs de Vère-Grésigne, sur la D964 entre Castelnau-de-Montmiral et Puycelsi. Les deux villages perchés font d’excellentes portes d’entrée — on gare la voiture, on monte en selle, et on bascule dans les sous-bois.
Le balisage compte pour beaucoup : la forêt est dense, les chemins se ressemblent, et l’ONF recommande clairement de rester sur les itinéraires tracés. On ne part pas à l’aventure dans la Grésigne comme sur une voie verte.
Les circuits, du tour de chauffe au grand tour
La Grésigne fait partie d’un grand réseau balisé : l’Espace VTT-FFC « Bastides et Vignoble du Gaillac », qui aligne 18 circuits — 472 km au total — et une grande boucle de 145 km pour l’itinérance sur trois ou quatre jours. Les points de départ sont équipés (point d’eau, station de lavage, kit de réparation à proximité), et l’un d’eux est la base de loisirs de Vère-Grésigne, à Castelnau, sur la D964.
Deux repères pour situer le niveau :
- Pour se mettre en jambes — une boucle d’une vingtaine de kilomètres, environ 350 m de dénivelé, côté Puycelsi : assez pour sentir le relief sans y laisser la journée.
- Le morceau de bravoure — le circuit n°9, « Traversée de Grésigne » : 40 km, 867 m de dénivelé, départ du Pas de Sauze. Montées soutenues, descentes techniques, sous-bois du début à la fin — la version engagée, pour jambes solides.
Entre les deux, les autres circuits alternent petites routes goudronnées, larges pistes forestières et singles à l’ombre des chênes. Pour préparer la sortie, la carte des circuits est gratuite dans les offices de tourisme du vignoble et des bastides (et se télécharge sur tourisme-vignoble-bastides.com) ; la trace GPX de chaque circuit est en ligne (voir l’encadré pratique). La forêt est vaste et les chemins se ressemblent : on part avec la trace chargée et de l’eau, les ravitaillements étant rares sous les arbres.
À pied plutôt qu’à roues ? La Grésigne se randonne aussi — voir notre boucle de Puycelsi et de la forêt de Grésigne, 11,5 km et 523 m de dénivelé au départ de la promenade des Lices.
Le gravel, l’autre tempo
Pas besoin d’un VTT tout-suspendu pour profiter de la Grésigne. Les petites routes qui la ceinturent et la traversent — celles qui relient Castelnau, Puycelsi et les hameaux alentour — sont taillées pour le gravel : revêtement irrégulier, trafic rare, dénivelé franc. On enchaîne tronçons goudronnés et larges pistes, on relie deux Plus Beaux Villages de France dans la même sortie, et on garde la forêt comme toile de fond.
Pour prolonger côté plaine, le vignoble et la vallée du Tarn offrent des itinéraires plus doux — on en parle dans notre carnet sur le Gaillacois à vélo sans voiture. La Grésigne, elle, reste le morceau de bravoure : le jour où l’on veut grimper.