Gaillac, à pied, en trois heures.
Un itinéraire de deux kilomètres pour saisir l'essentiel : l'abbaye, les ruelles de brique, le pont, la place. À faire en fin d'après-midi, quand la lumière prend la pierre rose.
Un itinéraire de deux kilomètres pour saisir l'essentiel : l'abbaye, les ruelles de brique, le pont, la place. À faire en fin d'après-midi, quand la lumière prend la pierre rose.
On commence presque toujours par la même question : Gaillac, c'est joli ? La réponse honnête est qu'il faut s'asseoir un moment pour le voir. La ville ne se livre pas du premier coup d'œil — il faut quitter la rocade, traverser un pont, descendre dans une ruelle. Alors, oui : c'est très joli.
Ce qui suit est l'itinéraire que nous faisons faire aux amis qui passent une nuit. Il prend trois heures, peut s'allonger à six si l'on s'arrête boire, et ne nécessite que des chaussures fermées — les pavés du vieux centre n'aiment pas les talons.
Bâtie au Xe siècle par les moines bénédictins venus de Saint-Pierre-de-Moissac, l'abbaye veille sur le Tarn depuis mille ans. La façade en brique foraine prend la lumière du soir avec une douceur qui ne se trouve qu'ici. Entrez : la nef est fraîche, le chœur conserve un orgue Cavaillé-Coll.
Cœur médiéval de la ville, cette place triangulaire tire son nom de la fontaine en bronze qui en orne le centre — un griffon, justement. Tout autour, les maisons à colombages bordent le pavé. Le mardi et le vendredi, le marché s'y installe ; en juillet et août, les nocturnes du vendredi font danser la place jusqu'à minuit.
Les deux plus belles rues du vieux Gaillac, en enfilade. Hôtels particuliers en brique foraine du XVIIe siècle, fenêtres à meneaux, portails ferrés. Levez la tête : tympans sculptés, têtes de béliers, blasons.
Le pont Saint-Michel franchit le Tarn depuis 1782. La meilleure vue sur l'abbaye se trouve à mi-pont, vers l'amont. Descendez ensuite sur la berge sud : un sentier longe la rivière sur six cents mètres jusqu'à la guinguette de l'Île. En été, on s'y baigne.
Jardin à la française dessiné au XVIIIe siècle, accroché à la colline qui domine la ville. Le belvédère ouvre sur les coteaux et, par temps clair, sur les Pyrénées. C'est aussi ici que se tient la Fête des Vins, premier week-end d'août.
Trois adresses, au choix : Le Vinovalie pour la sélection d'AOC, La Table du Sommelier pour la cuisine, ou — notre préférence — un verre de Mauzac nature à la Cave du Quai, au pied de l'abbaye. Le patron, Antoine, est intarissable.
La brique foraine du Tarn change cinq fois de couleur dans la journée. À 19h30, elle est rose-orange. C'est l'heure.